Fabrice Hirsch


2024

Cette étude comparative propose d’observer le débit de parole de 8 enfants de 10 à 16 ans avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA), et celui de 8 enfants tout-venants appariés, dans deux activités extraites du module 3 de l’ADOS-2, la première consistant à raconter une histoire à partir d’images puis de la mimer, la seconde, à parler librement sur le thème de l’amitié. Nos résultats montrent que les enfants avec TSA parlent plus lentement que les locuteurs contrôles appariés, dans les deux tâches et qu’ils parlent davantage entre deux pauses en parole libre qu’en description d’histoire.

2016

L’objectif de cette recherche est d’étudier les caractéristiques acoustiques et perceptives des disfluences normales et sévères. Pour ce faire, un jury d’auditeurs experts a relevé les disfluences sévères et normales de 4 locuteurs qui bégaient ainsi que les accidents de parole de 4 sujets normofluents. Une analyse acoustique portant sur des paramètres tels que la durée de la disfluence, le nombre de disfluences ou encore sur la présence d’éléments prosodiques particuliers a été menée sur les seules disfluences ayant été relevés par l’ensemble du jury. Nos résultats montrent que si les prolongations et les répétitions sont bien évidemment catégorisées comme sévères respectivement en fonction de leur durée et du nombre d’éléments réitérés, d’autres paramètres sont également significatifs, tels que la présence ou non d’une tension audible, le type d’éléments répétés ou encore le fait que la syllabe soit ou non clivée.
Si la rhétorique s’est intéressée très tôt à la pause, il a fallu attendre le XXème siècle pour que d’autres disciplines – la psycholinguistique, le traitement automatique des langues, la phonétique – accordent à ces moments de silence l’intérêt qu’ils méritent. Il a ainsi été montré que ces ruptures dans le signal acoustique, loin de signer une absence d’activité, constituaient en réalité le lieu d’une activité physiologique (la respiration) et/ou cognitive (planification du discours) qui participent tout autant au message que la parole elle-même. Dans cette étude pilote, nous proposons des observations et des pistes de réflexions à partir de l’analyse des pauses silencieuses dans un corpus de parole lue et semi dirigée. Nous mettons notamment en évidence l’apport de l’analyse conjointe de données acoustiques, articulatoires (EMA) et physiologiques (respiratoires) pour l’identification, parmi les pauses silencieuses, des pauses respiratoires, syntaxiques et d’hésitation.

2012