Marguerite Cameron


2020

Le “code-switching” ou l’alternance codique - l’alternance entre plusieurs langues dans une seule interaction - offre une occasion unique d’observer comment les locuteurs multilingues utilisent leurs langues. Récemment, des études phonétiques sur les qualités acoustiques des énoncés codeswitchés, telles que le VOT, ont examiné comment les locuteurs équilibrent plusieurs systèmes phonologiques. La présente étude examine les effets du code-switching sur le VOT des occlusives sourdes /p t k/ produites par les locuteurs bilingues anglais-français (L1 anglais et L1 français), d’une acquisition tardive de leur L2. Les données ont été recueillies à partir des enregistrements de discours conversationnels, entre des binômes de participants. Pour les participants francophones (L1 français), le VOT du /p/ des mots anglais était plus long lors d’un code-switch (du français, vers l’anglais) que dans un énoncé tiré d’une conversation monolingue anglais, et le VOT du /t/ était plus court. Aucun effet de contexte (le fait qu’une occlusive mesurée vienne d’un code-switch vers l’anglais ou lors d’une conversation monolingue anglais) n’a été observé pour les anglophones (L1 anglais).